La blague de l’industrie du surf

 

Arrivé à Sydney récemment, je cherchais un job à la cool, lié au monde du surf. J’ai été pris dans le shop Billabong de Manly, au nord de Sydney, au bord de la mer. Ravi d’avoir ce job, j’ai vite déchanté…Le lifestyle qu’on nous vend c’est seulement du marketing…

 

 

En arrivant à Sydney, l’objectif était clair : habiter près de la mer et trouver un job dans mon domaine (marketing, communication…) si possible dans le domaine du surf. Sauf que pour trouver un job « sérieux », ça prend du temps, et que le temps, c’est de l’argent, surtout à Sydney, 7ème ville la plus chère au monde.

J’ai donc décidé de trouver un job temporaire. Après avoir écumé Bondi, la City, et avoir eu quelques entretiens, donc un qui me proposait un job seulement payé à la commission (…), on me conseille d’aller voir du côté de Manly, où il y a moins de backpackers.

Je tente donc le coup, et j’ai deux entretiens direct chez Rip Curl et Billabong ! Les entretiens se passent bien globalement et on me parle d’un job à la cool, où le service et la relation client prime. Finalement Billabong me rappelle et c’est bon ! Je trouve donc une coloc sur Manly (à 800 euros par mois la chambre…) et ça y est !

 

Les premiers jours se passent bien, même si je fais peu d’heures (entre 10 heures et 38 par semaines, mais tu sais jamais combien à l’avance…). On fait un pic nic de noël ensemble, l’occasion de rencontrer tout le monde. Bref je m’y sens bien ! En plus, quand je dis que je bosse à Billabong, tout le monde me dit que j’ai trop de la chance, et que c’est un super job.

 

Seulement la deuxième semaine, on m’annule des heures, prétextant qu’on est « over budget », dont un dimanche, payé 50% plus. Je ne dis rien mais la déception est là. Puis au fur et à mesure je commence à me rendre compte d’un nombre de choses très déplaisantes. On te force à aller vers les « clients » dès qu’ils rentrent, à les aborder avec un « hi how are you today ? », pour ensuite leur poser des questions à la con du genre « what have you done today ? » « where are you from ? » ou encore mon préféré « what brings you here today ? » (qu’est-ce qui t’amène ici ?), tout en arborant ton plus beau sourire bright.

 

Et là faut embrayer. On te pousse à tracker les clients dès qu’ils rentrent. Et aussi loin que je me souvienne, je déteste, lorsque je rentre dans un shop, qu’un vendeur me pose sa question à la con du genre « je peux vous aider ? ». T’as juste envie de jeter un œil, tu sais où est le vendeur si t’as besoin d’aide ! Et ben cette fois-ci, le relou de vendeur, c’est moi ! Super connard !

 

Bien évidemment, 80% des gens te répondent « no, just having a look », mais ce n’est pas grave faut continuer à les suivre dans le shop ! Et gare à toi si tu ne vas pas leur parler, on te remonte les bretelles.

Etant d’une nature sociable, j’aime bien parler aux clients. Je rencontre tous les jours plein de gens intéressants, qui viennent des 4 coins de monde, et des fois je m’attarde. Mais c’est pour ça que j’ai pris ce job, et c’est ce qu’on m’avait promis : « tu rencontres plein de gens super cools ! » Sauf qu’ici, si tu parles trop longtemps aux clients, on te somme gentiment d’arrêter et d’aller voir les autres clients…On veut bien s’intéresser aux gens, tant qu’ils achètent et qu’ils se barrent vite.

 

Le mieux c’était vers Noel. On me demande si je veux faire une journée en plus. Je dis oui bien évidemment ! Le lendemain donc, je fais une journée entière, et à la fin, on m’annonce que je ne travaille pas pour Boxing day finalement, un jour férié payé 2,5 x plus ! Overbudget again…Donc au final j’ai perdu de l’argent…

 

La meuf qui bosse avec moi continue de me traquer, de pire en pire, du genre « va voir les clients », « range comme ci et pas comme ça », et je ne suis pas le seul dans ce cas…

Le pire c’est que je commence à devenir comme eux, à sourire comme un con pour rien, à dire des trucs du genre « AWESOME » ou « AMAZING » quand un mec trouve un boardshort qui lui plait, en gueulant comme s’il venait de trouver le remède contre le SIDA…

Bref, vivement la fin ! L’industrie du surf essaie de jouer sur une image cool, relax, où on prend le temps de parler aux gens…mais au final c’est comme partout : du business où il faut aller sucer le portefeuille du consommateur, où on t’appelle pour bosser du jour au lendemain, voire le matin pour venir une heure après. Un milieu bien sympa donc, heureusement que le marketing est là pour cacher tout ça et nous faire rêver…

2 Comments
  1. Ca ne me surprend pas mais je trouve cela dommage ! Une chose qui a le don de m’agacer quand je rentre dans un magasin ce sont les vendeurs qui se jettent sur toi. Personnellement, je trouve cela fatiguant & ça ne me fait pas plus acheter. Bien au contraire.
    Quand tu fais du shopping et que dans toutes les boutiques on te saute dessus et bien au bout d’un moment tu n’entres plus !

    Ton blog est très intéressant et cool 🙂

    Bonne continuation

  2. Merci 🙂

    Oui c’est exactement ce que je pense aussi, ça me fait limite sortir du magasin…Et là c’est moi qui était obligé de traquer les clients, horrible…Bref c’était une expérience, avec des bons moments et des collègues sympas, mais je ne le referai pas je pense, à moins de n’avoir rien d’autre…

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