Le surf en Méditerranée

Le surf en Méditerranée fait de plus en plus parler de lui depuis ces dernières années, suite à de nombreux articles publiés dans des magazines connus et des vidéos présentant les spots. Etant originaire de la région Niçoise, et ayant appris à surfer la bas, je me devais de faire un article sur le sujet, même si certains surfeurs de la région vont vouloir me mettre au bûcher pour blasphème…

 

La mer Méditerranée touche une multitude de pays, et s’étend sur trois continents, l’Europe l’Afrique et l’Asie. Ainsi il est possible de surfer en France, Italie, Espagne, mais également en Algérie, Libye ou encore en Israël et à Gaza ! D’ailleurs Tel Aviv est prénommé la Californie israélienne, et la Sardaigne bat tous les records de fréquence de la Med avec 250 jours de surf par an ! Varazzee, Capo Mano, les îles ou Cap Saint Louis…Autant de spots maintenant réputés au-delà de la Med. On voit donc de plus en plus de surfeurs choisir l’option Med l’hiver. Il existe même la possibilité de se faire quelques sessions par an de surf de gros (et j’en sais quelque chose !).

Cependant il faut être honnête, les évolutions technologiques des dix dernières années ont largement contribué à « faciliter » la pratique, car il est désormais possible de suivre les prévisions exactes grâce à internet, et donc ne louper aucun swell.

En effet, le swell a toujours été plus ou moins présents en automne et en hiver mais cela révélait du parcours du combattant pour être là, au moment précis. Il fallait savoir lire les cartes météos et avoir le « flair ». Car le surf en Méditerranée est difficile à prévoir et les vagues sont de court passage. Il n’est pas rare de surfer pendant 4 heures des vagues d’un mètre vingt parfait et que le swell reparte définitivement 4 heures après…D’où la nécessité d’avoir une connaissance pointue des spots, de l’orientation de la houle et du vent. Car même à l’heure d’internet, cela n’empêche pas de se prendre de bons « flops » parfois et de se faire 150 bornes pour rien.

La quête de vagues peut donc ressembler à celle en Bretagne (d’après ce que l’on m’a dit, du moins pour la région PACA), car la côte méditerranéenne est morcelé, et qu’il y a une multitude de spots, beach breaks, reef ou point breaks, marchant selon différentes houles et vent. L’aventure ne s’annonce donc pas aisée, mais le jeu en vaut la chandelle.

Ci-dessous, une petite vidéo  d’une session surf à Cannes, que j’ai réalisé, sous le soleil ! Pas des vagues exceptionnelles ce jour là mais toujours content de pouvoir se mettre à l’eau.

 

session surf en Méditerranée from chris_on_the_beach on Vimeo.

 

 

Il est donc impossible d’avoir un boulot à la 9h-17h en attendant avec impatience la session du soir. D’une car les journées sont courtes en hiver, de deux car le swell, lorsqu’il arrive, reste seulement pour quelques heures ! Le surfeur méditerranéen est donc de préférence chômeur, étudiant, artisan ou profession libérale. De plus, être sponsorisé par Total ou le réseau d’autoroute Escota se révèlera être un véritable avantage, car la région est friande de péages, et il faut rouler beaucoup en général. Ainsi, une session pourra parfois vous couter plus de 50e, pour des vagues médiocres…Parfois autant qu’une journée à la montagne.

De plus certaines parties de la Méditerranée reçoivent mieux les houles et ont donc des vagues plus régulièrement que d’autres spots. Ainsi en France, des surfeurs de Perpignan, de Narbonne, de Marseille ou de Nice, n’auront pas forcément le même nombre de sessions par an et certains seront plus avantagés que d’autres…

Alors pour tous les surfeurs qui veulent triper la bas, je préfère prévenir à l’avance : ne venez pas comme ça à l’improviste ! Un trip en Med se prépare : il faut connaître les spots, les orientations de houle, et si possible avoir des contacts au préalable avec des locaux pour être prévenu, au mieux quelques jours à l’avance, en cas de houle.

 

De plus, quoique l’on puisse en penser, l’ambiance en Med n’est pas forcément hyper cool, et il y a parfois selon les spots un fort localisme, qui peut virer à la guerre de gang…Sans exagérer, je peux en parler m’étant fait vandalisé ma voiture (ma Golf ) du côté de Nice, car j’étais immatriculé dans le Var, département voisin… En effet il y a une forte rivalité entre départements et à la frontière cela se ressent encore plus. Cette rivalité peut même s’exercer entre des spots éloignés de 10km…Et je ne parle pas des embrouilles avec les italiens, où je devais carrément bouger la voiture du spot en centre-ville pour éviter de me faire crever les pneus. Personnellement, étant immatriculé dans le Var et ayant vécu sur la côte ouest, il ne m’est jamais rien arrivé là-bas de comparable. Je ne dis pas qu’il faut venir avec un couteau dans la combi (à la Point Break 😀 ), mais ne vous attendez pas à être accueilli avec un pastis, de pouvoir filmer, prendre des photos, mettre tout sur facebook et youtube, et faire une dernière pétanque avec les locaux avant de partir !

Cela reste tout de même exceptionnel et heureusement il y a plus de sessions détendues où tout le monde a la sourire à l’eau et papote dans une ambiance détendue. Bien sûr ce n’est pas le Far West, il y a des règles à respecter, comme partout : un sourire, un bonjour et une attitude humble passent en général toujours bien ! Apprenez quelques mots de la langue si vous allez dans un pays étranger (Italie, Espagne…) afin de montrer que vous êtes respectueux et qui sait vous ferez peut être de belles rencontres et terminerez votre trip avec une soirée en compagnie des locaux 

 

crédit photo: Grégoire Putteman, Christophe Deneulin

3 Comments
  1. toujours le même dilemme: on a envie à la fois de garder nos spots à l’abri du monde et en même temps on veut partager des belles images et montrer aux gens la beauté de notre région, le tout est de savoir doser et garder un part de mystère 😉

    j’avais déjà vu la première vidéo au passage, en tout cas supers vidéos, ya un bon rendu, bonne qualité et bonne musique ! j’aime bien le côté différents sports dans la même vidéo. Il va y avoir du surf vers chez toi dans les jours à venir, peut etre qu’on se croisera à l’eau.

  2. Pingback: Surfing the Mediterranean Sea - The Active Place

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