Travailler dans une ferme de bananes en Australie

 

L’Australie est un pays continent énorme, et cela prend des mois voire plus pour en faire le tour. Un an ne me paraissait pas suffisant. Je voulais prolonger mon visa afin d’en profiter et continuer à aller à la découverte de ce pays magnifique. Pour cela, il faut faire 3 mois de ferme ! Après avoir atterri à Cairns, j’ai décidé d’aller travailler dans une ferme de bananes en Australie, à Innisfail dans le North Queensland ! Récit de ces 3 mois qui m’ont marqué !

 

 

Après 4 mois à Sydney, et un mois sur la côte Est, je me suis rendu compte qu’une année ne me serait pas suffisant pour visiter l’Australie. Surtout si je voulais trouver un travail plus sérieux et obtenir un sponsorship par la suite (ce qui me tente soyons honnête). Il n’y a pas 36 solutions pour cela: travailler 3 mois dans une ferme afin d’avoir l’extension du visa. On peut aussi travailler dans la construction ou dans la pêche pour avoir cette extension, mais le picking (cueillette de fruits) reste le moyen le plus courant.

 

A mon arrivée à Cairns, j’appelle toutes les auberges de travailleurs des environs. En effet, n’ayant pas de véhicule, il est beaucoup trop difficile d’aller voir de ferme en ferme. Du coup j’ai décidé d’aller dans une auberge de travailleurs, où le gérant est en contact avec les fermes aux alentours et nous trouvent du boulot.

 

 

Le gérant du Backpackers Shack à Innisfail, capitale de la banane en Australie, m’annonce qu’il y a du boulot, et que je peux venir quand je veux. Direction Innisfail donc, petite bourgade de 8000 habitants à une heure de Cairns, pour aller travailler dans une ferme de bananes ! La ville produit également de la canne à sucres ainsi que des papayes.

 

 

Dès le premier jour, je travaille dans une ferme indienne de bananes. Le travail n’est pas déclaré, et ne compte donc pas pour le visa, mais cela permet de faire un peu d’argent et payer le loyer (195$ par semaine tout de même), en attendant la semaine d’après où je dois avoir du travail. Finalement, un poste se libère dans une ferme le lendemain, ce qui est une chance !

 

Le travail dans les fermes est probablement l’un des pires, surtout pour les garçons, qui font le “humping”. C’est-à-dire qu’ils doivent aller cueillir les bunchs de bananes, qui peuvent peser jusqu’à 80kg !

 

Certains se font aider par un “cutter” dont le job consiste à couper les bunchs de l’arbre, et d’autres doivent tout faire eux-mêmes, ce qui est assez galère, car il faut prendre le bunch sur l’épaule, et envoyer un coup de machette derrière, sans trop savoir où on coupe, ce qui est assez dangereux. De plus, qu’il vente, qu’il pleuve, ou qu’il neige, il faut bosser ! Sachant qu’innisfail est la ville la plus humide d’Australie, autant vous dire qu’on passe beaucoup de temps trempé sous la flotte, surtout pendant la saison humide (novembre – avril).

 

Heureusement pour moi, je bosse dans le shed (hangar) et je m’occupe de mettre les cartons sur les palettes, et lorsqu’il n’y a pas de travail, je viens aider à couper les régimes de bananes des bunchs, ou à trier les bonnes des mauvaises bananes. C’est clairement un travail d’usine. C’est moins physique que le humping, mais c’est plus ennuyant du coup. Et je reste au sec surtout !

 

Les fermiers, Moerys et Mick, sont des australiens pur souche du North Queensland, qui ont 70 ans et font tourner leur business depuis 50 ans ! Et le travail, ça maintient jeune je dois dire, car ils ont la patate.

 

Moerys est du genre à gueuler pour un rien, et quand ça arrive, on marche droit et on ne la ramène pas, elle fait sérieusement flipper. Après si on bosse convenablement, ça roule, et elle peut être sympa. Mick est plus cool, très pédagogue, il n’hésite pas à expliquer plusieurs fois afin qu’on ait le bon geste et qu’on n’abîme pas les bananes. Il y a pas mal de backpackers: belge, hollandais, anglais, suédois, allemand…Comme dans toutes les fermes en Australie j’imagine…Tout le monde veut l’extension !

 

 

Malheureusement par contre, j’arrive au début de l’hiver, et les températures chutent, ce qui ralentit la pousse des bananes, et je ne travaille qu’entre 2 et 3 jours par semaine. Pour avoir l’extension il faut soit rester 3 mois dans la même ferme sans interruption, soit travailler 88 jours. Donc même si je ne travaille pas beaucoup, je dois rester dans cette ferme.

On entend pas mal de légendes également sur les fermes de bananes avant d’y bosser, comme quoi il y a les serpents, les araignées…Et cet exemple d’un backpacker allemand qui s’est fait mordre par un serpent et qui est mort. Ca ne rassure en rien, mais en fait, ce n’est pas vraiment le cas. Bien sûr il y a des bestioles dans les bananes, j’ai moi-même eu un serpent dans un bunch un jour, mais c’est comme ça partout en Australie. Il y a plus de problèmes avec les machettes. Les mecs se coupent souvent avec et ça peut être très dangereux, car elles sont acérées comme des lames de rasoir. Rien que dans ma ferme plusieurs gars se sont coupés au pied ou à la main et ont eu un arrêt de travail d’une semaine. Il y a aussi le Tinéa, la maladie des tranchées, une sorte de champignons que les humpers peuvent attraper les jours de pluie si leurs pieds macèrent trop. Et là, c’est la galère : méga douleur au niveau des orteils, on pleure limite en marchant. C’est arrivé à mon collègue Brice, il s’en souvenait encore…Du coup les mecs bossent parfois pieds nus quand il pleut pour éviter la macération…

 

Même si les températures baissent, il ne fait que flotter le premier mois et demi. J’ai clairement le moral à zéro: tu te couches il pleut, tu te lèves il pleut…Je comprends maintenant la joie des nordistes quand ils aperçoivent le soleil. Du coup quand je ne bosse pas, il n’y a rien à faire, et je passe la plupart de mon temps dans ma chambre (à 8…) à regarder des films et des séries. J’en profitais heureusement le week end pour aller à Cairns voir des amis et faire quelques soirées sous peine de me tirer une balle…

 

L’ambiance dans l’auberge est bon enfant et tout le monde s’entend bien avec tout le monde. Il y a des communautés de partout dans le monde: estoniens surtout, taiwanais, anglais, allemand, italiens, suédois…Cela permet de faire des repas de chaque pays et découvrir les mets de chacun, et échanger quelques mots dans chaque langue (Mida Vittu !)

 

En semaine tout le monde se couche tôt, et à 9h30 il n’y a plus un bruit dans l’auberge. Le réveil sonne à 5h30 et il faut être en forme pour une journée de travail dans les fermes ! Par contre le week end, les choses s’excitent. Cela commence le jeudi plus ou moins fort, puis vient le vendredi et le fameux bucket ! Notre colloc allemand Tim s’occupait toujours de cette tâche: chacun met 10$, on achète autant d’alcool que possible et on mélange tout dans une grande bassine en plastique où tout le monde se sert à sa guise. En général après une certaine heure, on va à la boite locale, le “Rumors” ! Bon là faut pas être difficile…Le son est à chier et certaines personnes sont assez chelous, mais bon, alcoolisé ça passe toujours mieux…

 

 

 

Le problème c’est qu’entre le goon et la vodka dégueulasse, ça finit pratiquement tout le temps en gueule de bois, et les samedis sont en général assez calmes du coup.

 

D’ailleurs une chose m’a tout de même interpellé: le besoin de boire tout le temps, surtout chez les anglais et les estoniens. Les mecs attaquent le vendredi ou le samedi matin à 10 heures, avec leur cubis de goon. Ils posent une serviette par terre sur le parking, mettent du son dégueulasse et picolent sans rien faire toute la journée. Franchement ce n’est pas vraiment mon délire et je préférais faire mon autiste dans ma chambre plutôt que picoler sans raison…

 

Le gérant, Nick, est un pur produit local. Il peut être cool, mais on sent un certain racisme quand il s’énerve, surtout contre les français et les italiens. C’est un peu comme dans l’arrière-pays en France, on a pas mal de stéréotypes à la con sur les étrangers, sauf que les stéréotypes sont dirigés vers nous cette fois-ci. Cependant, avec moi il n’y a jamais eu de problèmes, il était même relax (à part une fois pour une histoire de van où on ne lui a pas demandé la permission…) mais je ne peux pas en dire autant avec mes compères français Tom et Brice.

 

La deuxième moitié de mon séjour s’est avéré être bien mieux: avec le beau temps, on a commencé à aller à la plage tous ensemble, avec le van de l’auberge que Nick, le gérant, nous prêtait, ou faire des barbecues au parc, aller aux chutes d’eau…Le North Queensland est une région magnifique et il y a plein de choses à faire s’il fait beau et qu’on a une voiture, pour ceux qui aiment les activités d’extérieur.

 

 

 

Nous avons même participé à un petit tournoi de “bowls”, une sorte de pétanque à l’anglaise, avec des boules déséquilibrés. Cela nous a permis de rencontrer les locaux, super sympas, dont Liam, notre “coach”, un enseignant originaire de Brisbane, qui fait de la musique, ce qui nous a rapidement rapprochés ! Nous avons même gagné le meilleur résultat de la soirée, avec 35$ en prime pour chacun !

 

Le groupe s’est d’autant plus soudé grâce à cela et à l’arrivée de nouveaux backpackers, tout aussi sympathiques. J’en ai profité pour faire mon saut en parachute, à Mission Beach, l’une des plus belles plages d’Australie, qui se trouvent à 45 minutes d’Innisfail. Une expérience inoubliable, avec la vue sur la grande barrière de corail, bref c’était magique !

 

J’en ai également profité pour aller voir le club de tennis du coin. Et l’accueil était super. J’ai seulement intégrer leur groupe durant les deux dernières semaines, mais les locaux ont été adorables et m’ont même invité à un tournoi de tennis avec eux (à voir dans un prochain article !).

 

La dernière semaine, les italiens ont cuisiné des panzerottis, sorte de foccacias fris, farcis au jambon, fromage et champignons. Et bien entendu pour mon départ, nous avons organisé une crêpes party avec Eloïse, une française qui est arrivée à la fin de mon séjour.

La seconde moitié était donc bien mieux à tout point de vue: ambiance, météo, et même si je n’ai pas pu mettre beaucoup d’argent de côté (en travaillant deux jours par semaine c’est difficile…), j’en retire une belle expérience, et comme on me l’a dit précédemment, ce qui rend cette expérience unique, ce sont les rencontres qu’on fait et les moments partagés. Même si j’étais soulagé de terminer et de rentrer en France pour l’été, c’était dur de quitter cette “petite famille”. J’espère sincèrement les revoir, probablement quelque part en Australie !

 

Travailler dans une ferme de bananes en Australie était donc une expérience hors du commun ! N’hésitez pas à postez vos commentaires ou questions, je me ferai un plaisir d’y répondre 🙂

17 Comments
  1. Hello !
    Ton article donne envie d’aller y travailler !
    Je suis sur Cairns en ce moment et je cherche du travail.
    Est-il possible d’avoir l’adresse et le contact de l’agence de travailleurs que tu as contacté ?
    Et si possible celle de la ferme ?
    Merci d’avance

    • Oui bien sur, le backpacker s’appelle backpacker shack, le patron s’appelle Nick, appelle le pour voir s’il y a du travail en ce moment, mais vu que c’est l’hiver je pense que ça doit être assez calme. La ferme s’appelait Grima mais honnêtement à Innisfail tu ne peux rien avoir par toi-même, les fermiers passent tous par les backpacks.

      Bonne chance

  2. Bonjour 🙂

    Je pars pour l’australie fin octobre ; il me semble que je serai dans la bonne saison justement pour le nord est de l’asutralie 🙂

    Ton site m’a beaucoup motivé, et je voulais savoir si tu pouvais me rendre un service 🙂 cest à dire me communiquer le mail et le numéro de ton ancien employeur Nick , ca serait tres aimable

    J’espere que ca ne vous posera pas de probleme, et je vous suhaite une tres bonne continuation

    • Salut

      Désolé pour la réponse tardive j’avais zappé ! Voila le numéro de Nick : 04 99 04 24 46. J’espère que tu es bien arrivé ! Tu es du côté de Cairns alors ?

    • Oui, mais apparemment on m’a dit que ce n’était pas normal et qu’il fallait travailler au moins 3 jours par semaine…Mais bon ya pas eu de controle lorsque j’ai fait ma demande donc au top ! juste quand tu remplis le papier, ne remplis pas le nombre de jours effectués si c’est moins que 3 par semaine, remplis juste la date où tu travaillais dans la ferme

  3. Bonjour moi c’est FRANCK je suis camerounais et j’ai entendu parler de ces plantations de banane j’aimerais aller pour travailler car l’emploi est très dure dans mon pays j’aimerais savoir si les africains ont aussi possibilité d’y travailler. Je suis actif sur WHATSAPP 24H/24 au +237679975972. Merci

  4. moi, j aime ce boulot avec votre explication.
    j aime ça.peux tu me trouver ce boulot. je suis en Afrique, au Burkina Faso. bobo dioulasso.

  5. salut moi c’est Frank olivier je vie en Afrique présicement en guinée équatoriale je suis interresé par le job j’ai 28 ans si vous plait peut tu faire quel que chose pour moi je suis dans les besoin mon contact +240222732166 ou +240551604032 mon facebook Frank Yamssi

    • il faut que tu contactes l’auberge de travailleurs, voir s’ils ont du travail de dispo. Le nom de l’auberge c’était le backpacker shack, mais il y en a d’autres à Innisfail aussi.

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